Aujourd'hui est un jour particulier, le vingt mille huit
cent vingtième de ma vie ! Et après ça on dit que la vie est courte ?
Quasiment six cent mille heures !
Une heure, qu'est-ce ? Un instant fugace lorsqu'il est
heureux mais une éternité parfois.
On nous a tous appris qu'il y a soixante minutes dans
une heure, c'est immuable. Mais qu'on ne me raconte pas qu'une minute mesure
toujours soixante secondes. Je conteste.
Avez-vous remarqué comme l'aiguille de votre montre a une fâcheuse
tendance à freiner parfois ? (Oui,
calculez mon âge, j'ai encore une montre à aiguilles !) Qui n'a jamais soupiré
devant l'horloge de son bureau/école, le sac à la main, prêt à bondir vers la
sortie ?
Un petit souvenir pour les jeunes de mon âge : à notre
lointaine époque on allait en boum et on dansait parfois des slows. Pour les
plus jeunes, le slow consiste à se dandiner, accroché au cou d'un partenaire
choisi avec plus ou moins de consentement, sur une musique langoureuse, tandis
que ledit partenaire tente de descendre ses mains en dessous de la limite
autorisée qui se situe au-dessus des reins (vous suivez ?). Quand tu danses avec celui ("ou
celle" n'était hélas pas envisageable dans ma préhistoire) qui te fait
battre le cœur, le slow dure une minute à peine. Même Hotel California ! (durée
officielle six minutes et trente secondes). À présent, imaginez la même chanson
avec un chamallow aux aisselles humides, une voie lactée acnéique sur le
visage, laborieusement masquée par un ersatz de moustache. Étrangement le temps
coule beaucoup moins vite. Surtout si ton cavalier te chante dans l'oreille.
Welcome to the Hotel Caaaaalifornia !
Notez au passage que je me délecte de l’allitération « voie
lactée acnéique » que je trouve assez visuelle et passablement répugnante ! 😈
On ne regarde l'heure que lorsqu'on s'ennuie, quand on
attend quelque chose qui ne vient pas, quand on veut absolument terminer ce
livre qui nous barbe (tiens, encore une expression désuète qui donnera un
indice de mon âge aux paresseux du calcul).
Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !
Alors non, 57 ans (zut, je l’ai dit !) ce n'est pas beaucoup
et je n'ai pas de temps à perdre.
Je suis née hier, je dois apprendre à marcher, je passe mon
temps à rire, je mange du Nutella en m'en mettant partout parce que c'est bien
meilleur comme ça, à la cuillère (cuiller, tiens ! et je ferme les portes
à clef) direct dans le pot, et les frites avec les doigts, j'oublie de remplir
le frigo (d'ailleurs, qu'est-ce qu'on mange ce soir ?), je ne paye pas mes
impôts (heu si en fait, il y a des oublis qui coutent trop cher).
L’important, ce ne sont pas les jours qu'on additionne, mais
ceux qu'on oublie de compter. Le seul vrai temps perdu, c'est celui qu'on passe
à compter les heures au lieu de les vivre.
Dites-moi : vous avez regardé l'heure combien de fois en me lisant ? 😉





